Keziah Jones – Speech : Intervention du président de la république pour nous expliquer la crise économique…
Kool & The Gang – Jungle Boogie : On ne se lasse pas d’entendre ce classique (tant de la musique que du cinéma) surtout quand on apprend que Samuel L. Jackson a reçu, par le Guinness Book, le statut “d’acteur le plus profitable de tous les temps”.
Smoking Popes – Excuse Me, Coach : Imanol Harinordoquy – joueur du XV de France finaliste de la dernière coupe du monde de rugby – s’en prend à son sélectionneur Marc Lièvremont.
Suprême NTM – Pose Ton Gun : Parce que Tony Vairelles aurait du écouter Joey Starr…
==> Ce qui nous amène à redécouvrir : Suprême NTM – Suprême NTM (1998, Epic)
Battant – Shutter (extrait de As I Ride With No Horse, Kill The DJ) : Cette chanson peut résumer, à elle seule, le tournant opéré par le groupe pour son second album. On garde le minimalisme et l’élégance, on modère le côté punk.
Après Lulu, collaboration assez douteuse entre Metallica et Lou Reed, le jeu des alliances se poursuit avec la sortie, en décembre prochain, de l’album de Korn intégralement produit par des artistes venant du dubstep (Skrillex, Noisia…). A une période où l’industrie de la musique peine à miser sur la nouveauté, certains bénéficient donc de ce revival de la culture rave britannique. Après avoir profité de l’âge d’or du rap durant les années 90, Jonathan Davis remet le couvert avec un des styles phares de 2010. Force est de constater – en bon et en moins bon – que cette esthétique prenant ses racines dans le sud londonien a ainsi envahi nos radios. Rihanna, Britney Spears ou encore La Roux… La liste est encore longue !
Essayons de reprendre tout depuis le départ et de prendre un chemin différent de celui menant à Rihanna ou Korn.
Le dub : à la croisée de tous les chemins :
Car le dubstep est avant tout une histoire de métissage. Il est le croisement entre le dub et une évolution typiquement anglaise de la house music : le UK garage (parfois diminué en UKG).
Inventé par erreur en 1968 en Jamaïque, le dub est un mixage réalisé en direct par ses musiciens. Il met en avant le travail sur le son grâce à des effets. Ce procédé sera repris par quasiment toutes les esthétiques de musiques électroniques. Après son âge d’or sur l’île, l’esthétique s’exportera en Angleterre où elle sera popularisée par des artistes comme Mad Professor qui, via son label Ariwa, imposera sa version du dub… le dub stepper !
Le UK garage a, lui, une histoire plus complexe. Il faut remonter à New York et Detroit pour comprendre ce qui le définit. New York, d’une part, où un son – celui du garage – bien spécifique du bien nommé club Paradise Garage fut défini en parallèle de la house de Chicago dans les années 80. Celui-ci remet en avant une les voix féminines inspirées du gospel, des instruments comme le piano mais aussi et surtout des rythmiques électroniques puissantes et des lignes de basses profondes influencées du… dub. Detroit, d’autre part, où le titre “Just Want Another Chance” de Kevin Sauderson (crédité Reese) vont amener ces premières nappes de basses (wobble bass ou reese bass) si représentatives du dubstep.
Ce sont donc ces deux styles, assez opposés mais néanmoins liés par le dub qui vont le constituer.
10 ans plus tard… :
Ce sera seulement une décennie après la création de ses fondations que le dubstep va naître. Epongeant aussi la drum n’ bass instiguée par Prodigy, la jungle, le hip hop et mélangeant les caractéristiques du UK garage et du dub, le dubstep arrive dans un contexte assez similaire à celui de la house music.
Il est le mélange entre deux esthétiques dont l’une – le UKG – voulant se renouveler (ce qui fut le cas pour le disco avec la house). Il possède son club : Frankie Knuckles avait le Warehouse à Chicago, El-B, Steve Gurley et d’autres auront le Forward>> à Londres. Le dubstep a aussi ses labels qui feront accepter le terme au grand public (Tempa et sa fameuse compilation Dubstep Allstars Vol. 1 mixée par DJ Hatcha) et être à l’initiative de soirées (Ammunition ayant joué un grand rôle dans les FWD>> Nights).
Des lieux comme le fameux disquaire Big Apple Records à Croydon ou la radio pirate Rinse FM programmant principalement grime et dubstep furent tant de lieux où des gens comme Benga, Skream et Hatcha purent travailler à ce mélange et tenter de le promouvoir.
2003 : une nouvelle direction :
Une nouvelle direction est prise en 2003 par Hatcha pour ses représentations au club Forward>> et sur Rinse FM : celui-ci va petit à petit épurer ses DJ sets du dub et se détacher de l’influence jamaïcaine. Ce choix a pour but de promouvoir de jeunes producteurs londoniens parmi lesquels figurent Skream, Benga, Loefah ou encore Digital Mystikz.
2003 est aussi l’année où un événement va venir concurrencer les soirées Forward>> : le Filthy Dub lancé par Plastician. C’est là que les artistes cités précédemment feront leurs débuts en tant que DJ.
La reconnaissance :
Après 2003, les labels vont commencer à fleurir autour des pionniers que furent Ammunition, Tempa, Soulja, Vehicle et bien d’autres. DMZ, fondé par Digital Mystikz, va par exemple marquer les esprits avec son anniversaire faisant déplacer des gens des quatre coins du globe. C’est notamment par leur localisation (DMZ est posté à Brixton, quartier important pour la musique jamaïcaine) que ce label va pouvoir promouvoir son art à un public réceptif et va aussi élargir sa palette de sons.
En 2004, un certain Richard D James plus connu sous le nom d’Aphex Twin sort, via son label Rephlex, les compilations Grime et Grime 2 permettant de toucher un public plus large (celui de l’electronica notamment).
Le dubstep devient visible aussi grâce à des émissions de radio lui étant spécifiquement dédié : la plus connue étant celle animée par DJ Marie Anne Hobbs sur la station britannique Radio 1, Dubstep Warz. C’est à cette époque aussi qu’il s’exporte notamment aux Etats-Unis par le biais du DJ Joe Nice de Baltimore ou encore au Japon grâce à des artistes comme Doppelganger ou Goth-Trad. L’apparition, en 2006, de Kode9 ou Digital Mystikz dans la bande-originale des Fils De L’Homme d’Alfonso Cuaron ne fait que conforter la reconnaissance de cette esthétique bâtarde. Clou du spectacle,Untrue de Burial est nominé pour le Mercury Music Prize en 2008.
Benga, tentant en 2007 une percée plus commerciale avec le titre “Night”, (avec une mesure à quatre temps beaucoup plus accentuée) marque une période clef dans le regain de visibilité qu’a connu l’esthétique ces derniers mois. Ce titre va permettre aux producteurs – plus ou moins bons – de s’y intéresser. Ellen Allien et Apparat en avance d’un an avec le titre “Metric”, Ricardo Villalobos, James Blake mais aussi Britney Spears ou Rihanna redonnent donc une seconde vie à ce genre hybride oscillant entre club et rave, entre Londres, New York et Kingston, mais aussi entre le plus mainstream et l’illégalité la plus totale.
Films cliché : Les Fils De L’Homme de Alfonso Cuaron
Livre(s) cliché : …
Ipod cliché :
Mad Professor – Freedom Chant (extrait de Dub Me Crazy, 1982)
Reese – Just Want Another Chance (extrait de Just Want Another Chance, 1988)
Skyy – First Time Around (Larry Levan Remix) (extrait de Larry Levan’s Paradise Garage, 1996)
MJ Cole – Attitude (extrait de Sincere, 2000)
El-B – Bubble (extrait de Bubble, 2000)
Plasticman – Camel Ride (extrait de Grime, 2004)
Skream – Midnight Request Line (extrait de Skream !, 2006)
Burial – Homeless (extrait de Untrue, 2007)
Zomby – Where Were U In ’92 (extrait de Where Were U In ’92, 2008)
Ikonika – Idiot (extrait de Contact, Love, Want, Have, 2010)
Peuvent s’insérer : Digital Mystikz, Kode9, Spaceape, Loefah…
Quand on connaît la triste nouvelle qui accompagne l’album, on peut peut être ainsi mieux le comprendre. Le 20 septembre dernier, un communiqué du label Kill The DJ nous confirme que Joel Dever, moitié de la formation londonienne Battant, s’est donné la mort à l’âge de 25 ans. As I Ride With No Horse sorti quelques jours plus tard nous permet ainsi de faire un étrange parallèle entre le changement d’état des compositions groupe - passées de tubes post-punk/cold wave à des titres plus variés – et de son multi-instrumentiste – passé, lui, de la vie à la mort.
Car si la sortie de ce second album peut faire apparaître un avenir flou pour ces britanniques, il marque aussi une certaine évolution.
Battant revient plus rock, plus live aussi et beaucoup plus détaché de ses influences post-punk. Celui-ci a troqué sa 909 pour une batterie et a ajouté d’autres instruments (flûte, piano ou encore hautbois) à ses compositions plus abouties. Le départ du guitariste Tim Fairplay aurait peut être également calmé l’orchestration mettant de côté les percutants (entêtants ?) “Human Rug” ou “The Lurker” de l’album No Head.
Une ouverture vers un jeu beaucoup plus “humain” et donc beaucoup plus vivant tranchant paradoxalement avec la volonté de son chef d’orchestre d’en finir avec la vie.
Le groupe s’est laissé aussi porter par d’autres influences comme sur “Farmer’s Ode To Wife”, la ballade “Scarlet” ou encore le mélancolique “Fossil Fuel” rythmant à merveille ces onze titres. Le tout est interprété avec classe et sobriété par une Chloé Raumet toujours aussi élégante et donnant un rendu probablement moins monotone que sur le précédent opus.
Une nouveauté par rapport au côté “unis” que pouvait avoir No Head : les sources d’inspirations ont été beaucoup plus étendues sur As I Ride With No Horse tout en gardant une certaine efficacité. Sans se laisser aller à une sémiologie de bas étage, on pourra quand même noter les trajectoires opposés qu’ont empruntées Battant et Joel Dever. L’un allant vers un aspect plus humain, l’autre allant petit à petit vers sa mort. L’un décidant de se nourrir d’influences encore plus variées, l’autre optant pour l’isolation définitive.
Cette triste nouvelle permet peut être de mieux comprendre ces onze titres, leur motivation à posteriori mais aussi la discographie de ce groupe talentueux et la trajectoire artistique choisie. Un album sonnant comme un renouveau mais aussi comme une mort.
A écouter aussi: Battant – No Head (2009, Kill The DJ)
Cursed – Friends In The Music Business : On a évoqué lors de la troisième édition du Marché des Musiques Actuelles (MaMA) la création d’un Centre National de la Musique. Le but ? Rationaliser les dispositifs éclatés existants…
Maniacx – Video Games : A Paris se tenait cette semaine le salon Paris Games week. Salon du jeu vidéo où a été présenté le prochain Zelda.
Millencolin – No Cigar : Il sera interdit de fumer dans les stades et leurs périmètres pendant l’Euro 2012.
Mental As Anything – Holiday In Auckland : Le XV tricolore est défait en finale de la coupe du monde de rugby à l’Eden Park d’Auckland.
==> Ce qui nous amène à redécouvrir : Millencolin – Kingwood (2005, Epitaph)
Alors que certains se sont risqués à expérimenter pour des raisons X ou Y et que d’autres se sont pliés aux exigences de l’industrie phonographique, une partie de la génération pop-punk des années 90 a décidé de rester fidèle à ses principes de base. I Am The Avalanche a choisi d’opter pour cette solution avec, pour ce faire, quelques power chords, de beaux refrains avec des choeurs, une voix un peu écorchée donnant un disque n’excédant pas les 40 minutes Facilité me direz-vous. L’ex-chanteur de The Movielife, Vinnie Caruana (ayant fait les belles heures du label Drive-Thru), relève néanmoins le challenge de tester la solidité de ladite recette. De la mettre au défi du temps.
Et là où Blink 182 à préféré se réinventer, là où New Found Glory commence à donner d’inquiétants signes de fatigue, I Am The Avalanche arrive à tirer son épingle du jeu. Pourquoi ? Probablement parce que le message est toujours aussi franc et qu’il a plutôt bien vieilli. Sans tomber donc dans le “hit à répétition (pour adolescents)” ni dans le revirement à 180°, Avalanche United saura garder son public fidèle (en l’ayant néanmoins fait patienter six années).
Les titres “Brooklyn Dodgers” (que certains chanceux ont pu entendre en live avant la sortie de l’album), “Amsterdam” ou “Is This Really Happening ?” reprennent de vieux refrains perdus et catalogués depuis déjà une paire d’années dans les musiques de pub, les American Pie ou toutes choses de ce genre. La guitare de “Gratitude” nous rappelle Jawbreaker alors que les choeurs de “Holy Fuck” nous font revivre la nostalgie de notre premier album de Rancid. La nostalgie ; c’est bien le point sensible que I Am The Avalanche fait vibrer chez nous.
35 minutes où l’on repart dans son enfance à dos de skateboard. 35 minutes qui nous rappellent que cette musique à fait vibrer les jeunes de cette génération 411VM. 35 minutes qui nous font oublier les récentes signatures douteuses des anciennes grandes écuries du punk-rock et que les anciens pionniers encaissent désormais des royalties en faisant les pires concessions artistiques.
A écouter aussi : I Am The Avalanche – I Am The Avalanche (2005, Drive-Thru)
Dans la classification des éléments musicaux, Leslie Feist recouvrirait plusieurs cases. Ayant débuté par le punk avec une formation nommée Placebo (rien à voir avec Brian Molko), la jeune canadienne passe par les notes bleues du jazz (sur Let It Die), les remix sur Open Season et confirme son talent de compositrice sur The Reminder. Talent reconnu tant par les publicitaires Apple (avec le titre “1234″) que par James Blake étayant, encore une fois, le côté unanime de la musique de Feist. Le métal le mieux conservé du Canada nous revient alors avec son 5ème album.
Celui-ci a, cette fois-ci, été conditionné au froid et la tonalité des chansons le prouve. A Big Sur en Californie, les habitués Mocky et Chilly Gonzalez sont allés creuser dans les méandres les plus sauvages de l’artiste pour y déterrer douze titres moins immédiats tirés d’une période de retraite de la demoiselle. “”1234″ n’a pas fait un bon boulot en tant que représentant d’un album complet” confesse t-elle. Pour remédier à ça, isolation (pas la chanson de Joy Division), Moitessier, cabane au fond du jardin (celle de la maison familiale pas celle de Cabrel) et Steinbeck sont venus catalyser la réaction de transformation de l’artiste. De compositrice de musique de pub à celle de trentenaire écorchée.
Car même si la mélodie règne encore une fois en maître, le ton change. Aussi froid qu’une flèche en plein coeur, les trois premiers titres nous transportent dans les paysages désertiques, réactifs indispensables de l’album. Avec un son plus épuré mais des arrangements toujours aussi efficaces (“Bittersweet Melodies”, ” A Commotion”), Feist arrive à nouer une certaine proximité avec l’auditeur. Des titres devenant incandescents et dégageant de plus en plus de lumière jusqu’à “Woe Be”, “Confort Me” et “Get It Wrong, Get It Right” ponctuant à merveille le message de l’artiste. Revenir à quelque chose de plus naturel, de plus sincère peut être aussi.
Malgré une forte attente d’un The Reminder bis, on est agréablement surpris par cette rennaissance artistique qui nous aimante pendant 50 minutes. Feist a donc réussi à muter à travers les albums sans pour autant oxyder sa qualité de composition.
A écouter aussi : Feist – Let It Die (2004, Arts & Crafts International)