Publié dans décembre 2011

Oneohtrix Point Never – Replica (Mexican Summer/Software)

On oublie bien souvent que les musiques électroniques sont le fruit de l’expérimentation sonore. La recherche d’un langage musical, des essais technologiques, le détournement de l’utilisation habituelle d’un instrument… autant de thèmes et d’arguments qui nous ramènent à une face complexe, parfois dense et méconnue de cet art, se situant bien loin (tant dans la fonctionnalité que dans le temps d’ailleurs) des dancefloors et des “pousseurs de disques” actuels. Réduisant les musiques électroniques à leur plus simple appareil (un traitement sonore brut), Daniel Lopatin alias  Oneohtrix Point Never nous propose ce voyage dans le temps avec Replica, son sixième album.

Difficile, à la première écoute, de ne pas considérer ça comme un joyeux bordel ambiant. Ces quarante minutes méritent en effet une oreille attentive et un souci du détail. Les bricolages du new yorkais nous intriguent, rebutant les oreilles moins audacieuses mais incitant les plus curieux à se replonger dans ces dix titres. Une deuxième écoute qui nous renverra aux travaux de Tangerine Dream ou à redécouvrir les premiers Kraftwerk.

Plus loin encore, la musique concrète pourra être évoquée avec “Sleep Dealer” ou “Nassau”. Comment ne pas aussi penser à Brian Eno ou à Edgar Froese avec “Andro”, “Submersible” ou “Power Of Persuasion”. Un moment clef, amenant un peu de légèreté dans cette masse compacte ; le titre “Replica” avec son piano devenant aussi attirant que dérangeant. Si dérangeant qu’il nous fait replonger à pieds joints dans notre hypnose. Le rythme de “Up” nous surprendra en nous donnant l’illusion d’une chanson structurée… Mais c’est pour mieux se faire (re)prendre au piège : le cadence imposée par le beat nous fait repartir, avec une euphorie maline, jusqu’à la fin !

Déstructuré, dense, malsain et hypnotique à la fois ; c’est cet étrange paradoxe qui a pu nous faire aimer rester bloqué dans un aéroport (et ne pas s’énerver) avec Brian eno dans les oreilles. C’est bien celui-ci qui nous hypnotise, qui nous fait perdre la tête dans ce labyrinthe où tous les bruits sont devenus prétexte d’expérimentations. Dans lequel ils sont tous devenus notes et source de mélodie.

Un album qui fera du neuf avec du désormais assez ancien. Une expérience sonore exposant un autre aspect des musiques électroniques (et ses origines)… Bien loin des dancefloors et des “pousseurs de disques” actuels disions-nous ?

A écouter aussi : Oneohtrix Point Never – Russian Mind (2009, No Fun Productions)

Site de Oneohtrix Point Never

Mexican Summer

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Les chansons du dimanche : 11 Décembre 2011

Boys Noize - The Remixes 2004-2011

 Gym Class Heroes – Martyrial Girl$ (extrait de The Papercut Chronicles II)

Crystal Stilts – Radiant Door (extrait de Radiant Door EP)

The Atlas Moth – Courage (extrait de An Ache For The Distance)

Maurice – This Is Acid (Boys Noize Rework) (extrait de The Remixes 2004-2011) : la chronique ici

The Black Keys – Money Maker (extrait de El Camino)

ZZT – ZZTMF (extrait de Partys Over Earth)

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Polygon Window – If It Really Is Me (extrait de Surfing On Sine Waves,1993)

The Winstons – Amen, Brother (extrait de Color Him Father, 1969)

Serge Gainsbourg – La Chanson De Prévert (extrait de L’Etonnant Serge Gainsbourg, 1961)

Les titres en écoute ici

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Boys Noize – The Remixes 2004-2011 (Boysnoize Records)

Les familles protestantes allemandes distribuaient des images pieuses pour faire patienter leurs enfants jusqu’à Noël. C’était en 1920, l’origine du calendrier de l’avent. En 2011, le plus gros producteur électronique germanique nous distribue, lui, vingt-quatre remixes pour nous faire patienter jusqu’au déballage des cadeaux. Alors si tu as déjà acheté ton calendrier de l’avent, Boys Noize te propose d’habiller ce plaisir journalier et gourmand avec cette compilation.

Néanmoins, les saveurs varient selon les jours. La polyvalence de ce producteur et la diversité de ses collaborations laissent un goût différent dans les oreilles suivant les ingrédients de composition. Le trop plein de sucre avec Snoop Dogg et NERD ou la matière brute de Djedjotronic peuvent parfois surprendre. Mais c’est finalement ce qu’on aime chez le chocolatier électronique Alexander Rihda ; sa capacité à nous surprendre. A nous surprendre en train de nous gaver sur un dancefloor ou de nous faire monter le son de notre radio avec Depeche Mode ou Kaiser Chiefs.

Alors même si certaines friandises sont un peu indigestes (Justice entendu maintes et maintes fois en club, ou encore Snoop Dogg et Marilyn Manson qui n’avaient pas besoin d’une distortion électronique pour sonner gros), on prend plaisir à redécouvrir certains titres. “My Moon My Man” de Feist pour la quête du cadeau idéal (un iPod ?), “Monkey Flip” de Modeselektor pour faire face à la foule des rayons des grands magasins, Gonzales pour dresser votre table ou encore “This Is Acid” devant un miroir pour trouver la tenue parfaite du réveillon sans parler du titre d’Apparat qui sera idéal pour le champagne et l’adrénaline des cadeaux… A vous de trouver finalement quelle chanson habillera le mieux chaque jour de votre mois de décembre.

Cette large revue des collaborations d’un producteur devenu incontournable nous montre tout de même l’étendue de son talent, allant des clubs aux stades en passant par la FM. Faisant aussi le grand écart entre David Lynch et Snoop Dogg, entre Charlotte Gainsbourg et Para One. Mais attention, les chocolats de ce calendrier de l’avent musical sont à consommer avec modération !

A écouter aussi : Boys Noize – Oi Oi Oi (2007, Boysnoize Records)

Site de Boys Noize

Boysnoize Records

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Les chansons du dimanche : 4 Décembre 2011

Seahaven – It’s Over

MOP – Opium

Black Tusk – Carved In Stone

Gorillaz – On Melancholy Hill

Seal – Let’s Stay Together

Surkin – Silver Spring Anthem

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Taxi Girl – Cherchez Le Garçon

Incubus – Summer Romance

Cheap Trick – Surrender

Music is what they share #2 : Sam de la Rockhal

Rendez-vous des professionnels de la musique depuis quatre ans, le Sonic Visions à la Rockhal (Esch-sur-Alzette au Luxembourg) permet aux formations régionales de lever leurs interrogations sur les problématiques liées à leurs projets et de belles rencontres avec des professionnels des musiques actuelles.

Cette année, entre autre, étaient programmées des interventions sur la promotion digitale en compagnie de Virginie Berger (fondatrice du blog Don’t Believe The Hype), synchronisation et revenus via l’image et l’habillage sonore ou encore le récit des expériences studio de Moses Schneider (collaborant depuis 2004 les berlinois de Beatsteaks). Pour couronner le tout, des concerts de qualité le soir : Metronomy, Mutiny On The Bounty, Yuksek, Planningtorock…

L’occasion pour nous de mettre en avant la Rockhal et son centre de ressources à l’initiative de cette messe annuelle. Pour nous en parler, Sam Reinard.

Bonjour Sam. La première question qui nous vient est quel est le rôle du centre de ressources ?

Le centre de ressources est un endroit dans lequel on peut s’informer : 1000 livres en trois langues (français, anglais et allemand) sont à disposition du public. Des périodiques des plus classiques aux plus pointus sont aussi consultables sur place. L’adhésion pour les emprunts est gratuite.

On peut aussi s’y former grâce aux rencontres qui y sont organisées, aux workshops mais aussi aux master class. Attention, nous ne sommes pas une école de musique et ne proposons pas de cours. Nous arrivons en complément et pouvons travailler un aspect du projet avec l’artiste mais le but n’est pas l’apprentissage d’un instrument.

Nous organisons aussi différents événements pour les formations locales comme le Screaming Fields (sorte de festival pour les jeunes talents luxembourgeois) et bien sûr les 24 Heures Electroniques et le Sonic Visions.

Pourrais-tu nous préciser quel est le but de ces événements à l’initiative du centre de ressources ?

Les 24 Heures Electroniques sont focalisées sur la pratique. Via des ateliers sur la composition par exemple nous essayons de stimuler la création et la créativité des participants. Cette formule à un peu sa jumelle avec le Rock Tools qui est elle plus axée sur l’esthétique rock.

Le Screaming Fields lui permet aux jeunes talents luxembourgeois une visibilité et l’expérience de la scène.

Le Sonic Visions se veut, lui, un lieu de rencontre entre professionnels de la musique et artistes émergents. L’enjeu est double : former le musicien via les rencontres mais aussi pouvoir le promouvoir grâce aux showcases organisés mais aussi en dialoguant avec les intervenants présents pendant les deux jours du festival.

Cette année, les thématiques des rencontres étaient beaucoup plus axées sur le groupe, son développement, sa promotion. Ce qui doit encourager d’autant plus les formations à instaurer un dialogue avec les professionnels.

Pour résumer…

Pour résumer nous sommes présents sur plusieurs volets :

- La création avec les 24 Heures Electroniques ou Rock Tools.

- La formation via les workshops, conférences et rencontres que nous organisons tout le long de l’année en compléments de celles ayant lieu pendant le Sonic Visions par exemple.

- L’accompagnement des pratiques avec un studio d’enregistrement à disposition des groupes mais aussi d’information avec le fond documentaire et enfin dans la promotion avec des événements facilitant l’accès aux professionnels et à leurs réseaux pendant le Sonic Visions et parfois les 24 Heures Electroniques. Par ailleurs, nous mutualisons aussi notre réseau en mettant à disposition une base de données des groupes luxembourgeois.

Membre du réseau Multipistes, la Rockhal nous propose donc une multitude de “rendez-vous” destinés tant au public qu’aux artistes (de tous niveaux d’ailleurs) permettant peut être de mieux comprendre l’environnement d’un groupe ou un contexte d’oeuvre.Tant de choses devant nous inciter à la pratique et à la découverte.

Site du centre de ressources de la Rockhal

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