Mac Miller – Blue Slide Park (Rostrum)

“Le futur, que nous réserve-t-il ?”. Telle était la question posée par l’un des premiers manifestes du rap français signé Assassin en 1994 (et en deux volumes). Celui-ci, très complet et engagé, sondait dans toutes ses longueurs les préoccupations de l’époque : éducation, écologie, médias, histoire et origines artistiques. Le fils de Jean-Pierre Cassel et frère de François Toulour (le renard de la nuit !), nommé Rockin’ Squat, ne s’attendait peut être pas à une telle récupération médiatique de son art, à une telle stagnation sociale et à un tel devenir du rap français. Néanmoins, certains ont su se réapproprier les armes du bourreau afin de contrer l’industrie du disque et garder un contrôle total de leurs productions. En France, c’est la formation 1995 (20 ans de moyenne d’âge) qui fait du neuf avec du vieux. Déposant des clips régulièrement sur Youtube, suivi par plus de 70000 fans sur Facebook, ce jeune collectif, inspiré de sons plutôt 90′s, montre le rap français sous son aspect 2.0.

Aux USA, notre homme se nomme Mac Miller. Mis en avant en majeure partie grâce à Youtube, ce visage pâle originaire de Pittsburgh (tiens, ça me fait penser à quelqu’un…) est connu des services rapologiques pour sa démarche indépendante : son dernier album sorti le 8 novembre dernier est uniquement disponible via Itunes. Passé du statut de simple rappeur local à leader d’opinion via les réseaux sociaux (ses followers Twitter et fans Facebook se comptent en millions), ce jeune homme de 19 ans nous livre donc son premier album.

Si la nouvelle génération française a indéniablement écouté Gangstarr et les formations venant de l’Est américain, Mac Miller a globalement baigné dans le son du Centre et ses influences régionales (comprenez l’adoption de la boîte à rythmes).”Man In The Hat”, “Loitering”, “PA Nights” ou “Party On The Fifth Ave.” sont taillés dans la pierre où les influences d’OutKast et des Beastie Boys se font clairement ressentir. Mais notre jeune homme va piocher aussi ailleurs. Dans le funk avec “Frick Park Market” et sa boucle de The 45 King ou avec le groove de “Under The Weather”. “Of The Soul” nous donne à voir une facette plus touchante de l’artiste alors que “Blue Slide Park” nous rappelle l’âge d’or du rap, époque à laquelle Malcolm McCormick a grandi.

Malgré un aspect plus accessible que sur ses précédentes productions, le pionnier de cette nouvelle génération de rappeurs arrive néanmoins à ne pas s’essouffler tout au long de l’album. Album qui ne tombe pas dans la “compilation” mais qui montre les talents de compositeur et d’auditeur de ce jeune homme. On espère que le travail effectué sur son public via la toile ne deviendra pas un énième buzz disparaissant aussi vite qu’il est apparu.

Et si c’était finalement ça le futur ? Un rap qui s’affranchit de toute règle d’une quelconque maison de disque. Un rap qui piocherait dans les références de l’ancienne école comme dans une boîte de chocolats. Un rap où les Ipod auraient remplacé les ghettoblasters et où les block parties et leurs diss songs seraient streamées sur internet. Celui-ci ne serait-il pas en train de faire sa révolution ?

A écouter aussi : Mac Miller – On And On And Beyond (2011, Rostrum)

Site de Mac Miller

Rostrum

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Les chansons du dimanche : dimanche 13 novembre 2011

Voici les quelques disques écoutés cette semaine. Petite nouveauté ; un fichier est maintenant à votre disposition ici afin d’écouter des chansons extraites de ces albums. Cette semaine, la redécouverte de LFO, la sublime voix de Tom Waits, les belles mélodies de Surfer Blood dignes de Rivers Cuomo et la chronique de Roman Flügel.

Surfer Blood – Miranda (extrait de Tarot Classics)

Roman Flügel – How To Spread Lies (extrait de Fatty Folders)

Russian Circles -Schipol (extrait de Empros)

LFO – LFO (extrait de Frequencies (réédition))

Tom Waits – Last Leaf (extrait de Bad As Me)

Cowboy Junkies – Late Night Radio (extrait de Sing In My Meadow)

Le fait de la semaine : Universal Music rachète EMI pour 1,4 milliard d’euros. Qui a parlé de crise de l’industrie phonographique ?

Roman Flügel – Fatty Folders (Dial)

Après avoir été séduit cet été par Zomby et son minimalisme élégant, après avoir écouté la réédition de Frequencies de LFO inspirant pas mal de producteurs en ce moment et après avoir été un peu ennuyé par l’exubérance de la dernière production de Justice, notre chemin électronique s’arrête en Allemagne près de Francfort. Là où, un beau jour, le jeune Roman Flügel fut interpellé par les sons de LFO justement et des compilations du célèbre label Trax. Là aussi où la coïncidence de deux événements historiques (la Love Parade et la chute du mur de Berlin) imposa à une génération sa bande-son.

Actif depuis les années 90, l’allemand a donc vu, vécu et surtout entendu les différents pendants de ce que l’on nomme musiques électroniques. On se retrouve donc face à quelque chose de très hétérogène. Après avoir été hypnotisé par les titres d’entrée “How To Spread Lies” et son piano et “Lush Life Libido” duquel on peut clairement constater une influence britannique (cassure de rythme venant du UK garage), Roman nous amène vers d’autres contrées. “Deo” sonnant comme la résurrection germanique d’Afrika Bambaataa, “Krautus” nous rappelant la musique d’aéroport de Brian Eno  et “Bahia Blues Bootcamp” et ses rythmiques caribéennes montrent la faculté d’adaptation de cet artiste vis-à-vis du son mais aussi du temps.

Roman Flügel joue avec ces codes absorbés, digérés et très bien réappropriés en allant du calme (“Song With Blue”) à la tempête (“The Improviser” et sa montée de quatre minutes), du dense (“Rude Awakening”) à l’épuré (“Don’t Break My Heart”) en gardant une certaine sobriété.

Après s’être caché sous différents pseudonymes afin de laisser libre court à ses inspirations très variées, Roman Flügel propose – via son premier “vrai” album – ce qui peut être vu comme un bon résumé de ses influences conférant aux onze titres ce côté intemporel.

A écouter aussi : Roman Flügel – Brian Le Bon (2010, Live At Robert Johnson)

Site de Roman Flügel

Dial

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Music is what they share #1 : Antoine d’Empreintes Digitales

Fondateur du site culturel Empreintes Digitales, Antoine nous présente son activité dans la sphère musicale régionale (et inaugure ainsi cette nouvelle rubrique mensuelle). Celle d’un blogger investi dans le monde des musiques électroniques par le biais de soirées. Soirées qualifiées de “complémentaires au site” par l’intéressé qui nous raconte comment il en est arrivé là.

“Pour promouvoir notre projet, nous avions organisé des soirées ce qui permettait de collaborer avec les artistes sur lesquels nous écrivions. Notre volonté était, au départ de produire de jeunes talents. De fil en aiguille, notre activité a pris de l’ampleur et on a pu ramener – à Nancy notamment – des DJ d’une assez bonne renommée. en essayant de proposer une alternative aux gens.”. Et quand on lui demande si cette “double casquette” n’est pas difficile à assumer, Antoine nous indique qu’elle est plutôt un atout : “Encore une fois les deux activités sont complémentaires. Les informations dénichées pour le travail d’écriture permettent aussi la découverte. Couvrir les festivals ou suivre l’actualité ne me suffit pas vraiment. Si j’étais simplement promoteur, je n’aurais probablement pas cette vision d’ensemble.”. L’aspect live est justement très important pour lui qui se renseigne sur les productions discographiques mais aussi sur la scène avant de proposer une programmation.

Alors, acteur du web et organisateur, cet adepte de la techno berlinoise nous définit sa place dans le monde musical. Il se positionne plus comme un médiateur entre l’artiste et le public qu’il considère – par ailleurs – central. “Nous aimerions faire découvrir les talents de demain et c’est parfois ce qui a été le cas. On en tire une certaine fierté.  Après, nous misons sur des jeunes artistes un peu par manque de structure et de moyens financiers. Mon activité est bénévole et avant tout celle d’un passionné qui ne se substituera pas à celle des programmateurs d’établissements publics par exemple.”. Et contrairement à certains, Antoine voit le travail de ces derniers comme complémentaire (encore une fois) et important pour les organisateurs comme lui. “C’est un travail à respecter car on peut penser que ce n’est que de l’écriture de mail mais il faut être sans cesse à l’affût. Des gens comme moi sont par contre peut être plus libre qu’eux étant donné que nous avons tout à gérer seul.”.

La suite ? Il la voit – pour sa mission de promoteur – à continuer à développer la découverte avec son site et de prôner l’ouverture. Pour ce qui est des futures tendances musicales, il ne sait pas vraiment et avoue continuer à être surpris. Surpris par le large panel sonore qui peut fasciner les gens ; la mutation “progressive” de Justice, le live de Gesaffelstein, les heures de techno au Rex Club prenant des allures de Love Parade, le succès du dubstep… C’est en tout cas cette fascination qui a été sa première motivation. Celle vouée à certains artistes qu’il a pu voir sur scène à leur magnétisme. Celle qui lui donnera envie de voir “l’envers du décor” comme il le dit si bien. Ca tombe bien : Empreintes Digitales plantera son décor à L’Envers (Nancy) ce soir en accueillant Forma T et Bad Dancer suivi de Panteros666 et Sam Tiba de Club Cheval.

Infos pour la soirée Forma T à Nancy

Empreintes Digitales

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Buraka Som Sistema – Komba (Enchufada)

Nos hanches bougent encore lorsque l’on se souvient du “Sound Of Kuduro” chanté par MIA en 2008 et figurant sur Black Diamond, album jouissif au possible. Celui-ci avait pu se présenter comme une alternative à la turbine électronique ou aux distorsions sonores appliquées (à outrance) au dubstep se frayant un chemin vers le mainstream. Deux ans pour se remettre de la transe procurée par la sélection élaborée pour le Fabriclive 49 et Buraka Som Sistema revient nous faire danser avant l’hiver.

On doit avouer que les choses ont assez mal commencé : le premier single “Hangover (BaBaBa)” tiré de l’album était largement en dessous des attentes après la claque prise trois ans plus tôt. Claque qui popularisa le kuduro, esthétique inventée dans les années 80 à Luanda en Angola.

Quand on écoute l’album on comprend mieux : ceux qui attendent ce genre de boucle chaloupée, fonçant à 130 et faisant bouger nos membres risquent d’être déçus. Malgré une belle entrée sur “Eskeleto”, il faut attendre le troisième titre (“Voodoo Love”) et les voix de Terry Lynn et Sara Tavares pour esquisser un mouvement de la tête. On est bien loin de “Kalemba” et de ses rythmiques certes primaires mais qui arrivaient à nous secouer dans notre fauteuil.

L’ensemble reste plus ou moins sur ce faux rythme. Sans cesse à la poursuite de l’explosion que peuvent laisser entrevoir des titres comme “(We Stay) Up All Night” ou “Macumba” (accompagné de Mixhell), la douzaine de titres nous laisse un peu sur notre faim.

Néanmoins, là où Black Diamond pouvait s’avérer répétitif dans le propos, Komba montre une variété de sons et de rythmes plus riche que sur l’album précédent… encore une fois, au détriment de l’aspect jouissif du rendu. Des titres comme “Hypnotized” ou “Vem Curtir” nous expose, par exemple, un côté plus modéré de la formation lusitanienne avec un travail sur le son plus poussé lorgnant vers le dub.

Buraka Som Sistema n’arrivera donc pas à nous reprocurer ce plaisir coupable. Celui d’être pris d’une furieuse envie de danser sur un genre que l’on avait pu – un temps – penser désuet voire ringard. La fête colorée que nous avait fait vivre Black Diamond laisse place à un rituel angolais, un tantinet ennuyeux mais avec un peu plus d’âme, se déroulant après la mort d’un proche… le komba.

A écouter aussi : Buraka Som Sistema – Black Diamond (2008, Sony BMG)

Site de Buraka Som Sistema

Enchufada

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L’actualité en musique #8

Vairelles ; le Tony Montana d'Essey

Keziah Jones – Speech : Intervention du président de la république pour nous expliquer la crise économique…

Kool & The Gang – Jungle Boogie : On ne se lasse pas d’entendre ce classique (tant de la musique que du cinéma) surtout quand on apprend que Samuel L. Jackson a reçu, par le Guinness Book, le statut “d’acteur le plus profitable de tous les temps”.

Smoking Popes – Excuse Me, Coach : Imanol Harinordoquy – joueur du XV de France finaliste de la dernière coupe du monde de rugby – s’en prend à son sélectionneur Marc Lièvremont.

Suprême NTM – Pose Ton Gun : Parce que Tony Vairelles aurait du écouter Joey Starr…

==> Ce qui nous amène à redécouvrir : Suprême NTM – Suprême NTM (1998, Epic)

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Les chansons du dimanche #8

Battant – Shutter (extrait de As I Ride With No Horse, Kill The DJ) : Cette chanson peut résumer, à elle seule, le tournant opéré par le groupe pour son second album. On garde le minimalisme et l’élégance, on modère le côté punk.

La chronique de As I Ride With No Horse

La sélection : 

La Dispute – Wildlife

Sandro Perri – Impossible Spaces

Hella – Tripper

Justice – Audio, Video, Disco

Mayer Hawthorne – How Do You Do

Battant – As I Ride With No Horse

On a réécouté : VA – Dubstep Allstars Vol. 1 (mixé par DJ Hatcha) (2004, Tempa)

On a dansé sur : Bok Bok & Tom Trago – Vector (extrait de Night Voyage Tool Kit, Sound Pellegrino)

Le fait de la semaine : la pochette du nouveau Coldplay fait peur !

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Cliché : Dubstep

Le dubstep équivalent du nu-metal en 2011 ?

Après Lulu, collaboration assez douteuse entre Metallica et Lou Reed, le jeu des alliances se poursuit avec la sortie, en décembre prochain, de l’album de Korn intégralement produit par des artistes venant du dubstep (Skrillex, Noisia…). A une période où l’industrie de la musique peine à miser sur la nouveauté, certains bénéficient donc de ce revival de la culture rave britannique. Après avoir profité de l’âge d’or du rap durant les années 90, Jonathan Davis remet le couvert avec un des styles phares de 2010. Force est de constater – en bon et en moins bon – que cette esthétique prenant ses racines dans le sud londonien a ainsi envahi nos radios. Rihanna, Britney Spears ou encore La Roux… La liste est encore longue !

Essayons de reprendre tout depuis le départ et de prendre un chemin différent de celui menant à Rihanna ou Korn.

Le dub : à la croisée de tous les chemins :

Car le dubstep est avant tout une histoire de métissage. Il est le croisement entre le dub et une évolution typiquement anglaise de la house music : le UK garage (parfois diminué en UKG).

Inventé par erreur en 1968 en Jamaïque, le dub est un mixage réalisé en direct par ses musiciens. Il met en avant le travail sur le son grâce à des effets. Ce procédé sera repris par quasiment toutes les esthétiques de musiques électroniques. Après son âge d’or sur l’île, l’esthétique s’exportera en Angleterre où elle sera popularisée par des artistes comme Mad Professor qui, via son label Ariwa, imposera sa version du dub… le dub stepper !

Le UK garage a, lui, une histoire plus complexe. Il faut remonter à New York et Detroit pour comprendre ce qui le définit. New York, d’une part, où un son – celui du garage – bien spécifique du bien nommé club Paradise Garage fut défini en parallèle de la house de Chicago dans les années 80. Celui-ci remet en avant une les voix féminines inspirées du gospel, des instruments comme le piano mais aussi et surtout des rythmiques électroniques puissantes et des lignes de basses profondes influencées du… dub. Detroit, d’autre part, où le titre “Just Want Another Chance” de Kevin Sauderson (crédité Reese) vont amener ces premières nappes de basses (wobble bass ou reese bass) si représentatives du dubstep.

Ce sont donc ces deux styles, assez opposés mais néanmoins liés par le dub qui vont le constituer.

10 ans plus tard… : 

Ce sera seulement une décennie après la création de ses fondations que le dubstep va naître. Epongeant aussi la drum n’ bass instiguée par Prodigy, la jungle, le hip hop et mélangeant les caractéristiques du UK garage et du dub, le dubstep arrive dans un contexte assez similaire à celui de la house music.

Il est le mélange entre deux esthétiques dont l’une – le UKG – voulant se renouveler (ce qui fut le cas pour le disco avec la house). Il possède son club : Frankie Knuckles avait le Warehouse à Chicago, El-B, Steve Gurley et d’autres auront le Forward>> à Londres. Le dubstep a aussi ses labels qui feront accepter le terme au grand public (Tempa et sa fameuse compilation Dubstep Allstars Vol. 1 mixée par DJ Hatcha) et être à l’initiative de soirées (Ammunition ayant joué un grand rôle dans les FWD>> Nights).

Des lieux comme le fameux disquaire Big Apple Records à Croydon ou la radio pirate Rinse FM programmant principalement grime et dubstep furent tant de lieux où des gens comme Benga, Skream et Hatcha purent travailler à ce mélange et tenter de le promouvoir.

2003 : une nouvelle direction : 

Une nouvelle direction est prise en 2003 par Hatcha pour ses représentations au club Forward>> et sur Rinse FM : celui-ci va petit à petit épurer ses DJ sets du dub et se détacher de l’influence jamaïcaine. Ce choix a pour but de promouvoir de jeunes producteurs londoniens parmi lesquels figurent Skream, Benga, Loefah ou encore Digital Mystikz.

2003 est aussi l’année où un événement va venir concurrencer les soirées Forward>> : le Filthy Dub lancé par Plastician. C’est là que les artistes cités précédemment feront leurs débuts en tant que DJ.

La reconnaissance : 

Après 2003, les labels vont commencer à fleurir autour des pionniers que furent Ammunition, Tempa, Soulja, Vehicle et bien d’autres. DMZ, fondé par Digital Mystikz, va par exemple marquer les esprits avec son anniversaire faisant déplacer des gens des quatre coins du globe. C’est notamment par leur localisation (DMZ est posté à Brixton, quartier important pour la musique jamaïcaine) que ce label va pouvoir promouvoir son art à un public réceptif et va aussi élargir sa palette de sons.

En 2004, un certain Richard D James plus connu sous le nom d’Aphex Twin sort, via son label Rephlex, les compilations Grime et Grime 2 permettant de toucher un public plus large (celui de l’electronica notamment).

Le dubstep devient visible aussi grâce à des émissions de radio lui étant spécifiquement dédié : la plus connue étant celle animée par DJ Marie Anne Hobbs sur la station britannique Radio 1, Dubstep Warz. C’est à cette époque aussi qu’il s’exporte notamment aux Etats-Unis par le biais du DJ Joe Nice de Baltimore ou encore au Japon grâce à des artistes comme Doppelganger ou Goth-Trad. L’apparition, en 2006, de Kode9 ou Digital Mystikz dans la bande-originale des Fils De L’Homme d’Alfonso Cuaron ne fait que conforter la reconnaissance de cette esthétique bâtarde. Clou du spectacle, Untrue de Burial est nominé pour le Mercury Music Prize en 2008.

Benga, tentant en 2007 une percée plus commerciale avec le titre “Night”, (avec une mesure à quatre temps beaucoup plus accentuée) marque une période clef dans le regain de visibilité qu’a connu l’esthétique ces derniers mois. Ce titre va permettre aux producteurs – plus ou moins bons – de s’y intéresser. Ellen Allien et Apparat en avance d’un an avec le titre “Metric”, Ricardo Villalobos, James Blake mais aussi Britney Spears ou Rihanna redonnent donc une seconde vie à ce genre hybride oscillant entre club et rave, entre Londres, New York et Kingston, mais aussi entre le plus mainstream et l’illégalité la plus totale.

Films cliché : Les Fils De L’Homme de Alfonso Cuaron

Livre(s) cliché :

Ipod cliché :

Mad Professor – Freedom Chant (extrait de Dub Me Crazy, 1982)

Reese – Just Want Another Chance (extrait de Just Want Another Chance, 1988)

Skyy – First Time Around (Larry Levan Remix) (extrait de Larry Levan’s Paradise Garage, 1996)

MJ Cole – Attitude (extrait de Sincere, 2000)

El-B – Bubble (extrait de Bubble, 2000)

Plasticman – Camel Ride (extrait de Grime, 2004)

Skream – Midnight Request Line (extrait de Skream !, 2006)

Burial – Homeless (extrait de Untrue, 2007)

Zomby – Where Were U In ’92 (extrait de Where Were U In ’92, 2008)

Ikonika – Idiot (extrait de Contact, Love, Want, Have, 2010)

Peuvent s’insérer : Digital Mystikz, Kode9, Spaceape, Loefah…

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Battant – As I Ride With No Horse (Kill The DJ)

Quand on connaît la triste nouvelle qui accompagne l’album, on peut peut être ainsi mieux le comprendre. Le 20 septembre dernier, un communiqué du label Kill The DJ nous confirme que Joel Dever, moitié de la formation londonienne Battant, s’est donné la mort à l’âge de 25 ans. As I Ride With No Horse sorti quelques jours plus tard nous permet ainsi de faire un étrange parallèle entre le changement d’état des compositions groupe - passées de tubes post-punk/cold wave à des titres plus variés – et de son multi-instrumentiste – passé, lui, de la vie à la mort.

Car si la sortie de ce second album peut faire apparaître un avenir flou pour ces britanniques, il marque aussi une certaine évolution.

Battant revient plus rock, plus live aussi et beaucoup plus détaché de ses influences post-punk. Celui-ci a troqué sa 909 pour une batterie et a ajouté d’autres instruments (flûte, piano ou encore hautbois) à ses compositions plus abouties. Le départ du guitariste Tim Fairplay aurait peut être également calmé l’orchestration mettant de côté les percutants (entêtants ?) “Human Rug” ou “The Lurker” de l’album No Head.

Une ouverture vers un jeu beaucoup plus “humain” et donc beaucoup plus vivant tranchant paradoxalement avec la volonté de son chef d’orchestre d’en finir avec la vie.

Le groupe s’est laissé aussi porter par d’autres influences comme sur “Farmer’s Ode To Wife”, la ballade “Scarlet” ou encore le mélancolique “Fossil Fuel” rythmant à merveille ces onze titres. Le tout est interprété avec classe et sobriété par une Chloé Raumet toujours aussi élégante et donnant un rendu probablement moins monotone que sur le précédent opus.

Une nouveauté par rapport au côté “unis” que pouvait avoir No Head : les sources d’inspirations ont été beaucoup plus étendues sur As I Ride With No Horse tout en gardant une certaine efficacité. Sans se laisser aller à une sémiologie de bas étage, on pourra quand même noter les trajectoires opposés qu’ont empruntées Battant et Joel Dever. L’un allant vers un aspect plus humain, l’autre allant petit à petit vers sa mort. L’un décidant de se nourrir d’influences encore plus variées, l’autre optant pour l’isolation définitive.

Cette triste nouvelle permet peut être de mieux comprendre ces onze titres, leur motivation à posteriori mais aussi la discographie de ce groupe talentueux et la trajectoire artistique choisie. Un album sonnant comme un renouveau mais aussi comme une mort.

A écouter aussi : Battant – No Head (2009, Kill The DJ)

Site de Battant

Kill The DJ

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L’actualité en musique #7 : Du 16 au 24 octobre 2011

Cursed – Friends In The Music Business : On a évoqué lors de la troisième édition du Marché des Musiques Actuelles (MaMA) la création d’un Centre National de la Musique. Le but ? Rationaliser les dispositifs éclatés existants…

Maniacx – Video Games : A Paris se tenait cette semaine le salon Paris Games week. Salon du jeu vidéo où a été présenté le prochain Zelda.

Millencolin – No Cigar :  Il sera interdit de fumer dans les stades et leurs périmètres pendant l’Euro 2012.

Mental As Anything – Holiday In Auckland : Le XV tricolore est défait en finale de la coupe du monde de rugby à l’Eden Park d’Auckland.

==> Ce qui nous amène à redécouvrir : Millencolin – Kingwood (2005, Epitaph)

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