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Il est vrai que l’exercice n’est pas forcément fait pour être édité sur support. Et lorsque l’on va demander à un DJ comment juger un mix, celui-ci va nous répondre que la chose est faite pour être jouée « live ». Que tout cela doit être spontané et il aura, dans un sens, raison ! Il est vrai que le statut de celui-ci a changé ces dernières années. Passé d’ambianceur à star pour diverses raisons, son qualificatif jamaïcain de selector lui sied dorénavant mieux ! Un DJ doit désormais compter le paramètre de son tracklisting en plus de sa technique (démocratisation de la pratique n’aidant pas non plus à se faire un nom).

Le mythique label issu du tout aussi célèbre club londonien Fabric s’attache à nous livrer, depuis 2001 et 59 volumes, sa vision de cet art de compilation avec sa série Fabriclive. Après avoir donc fait appel à des artistes comme Carl Craig, A-Trak, David Rodigan, Diplo, The Freestylers ou encore Jackmaster, le label se paye les services de Kieran Hebden alias Four Tet pour un 59ème volume.

Le parti pris de l’artiste est sa vision de la nuit londonienne décrite comme un tableau avec ses reliefs de UK garage, de classiques de la rave anglaise et de sonorités modernes (Burial ou encore un inédit de Four Tet). Le mélange des couleurs peut paraître surprenant mais le rythme imposé par « First Born » de Crazy Bald Heads nous fixe à la toile et nous pousse à y découvrir ses détails.

Le mix est exposé plus comme un collage que comme une peinture unie ce qui montre parfois quelques faiblesses techniques mais les idées sont là. L’idée de faire découvrir aux auditeurs une discographie et ses propres influences. L’idée de nous faire ressentir une ambiance ; celle de la Fabric ! Là est toute l’ambiguïté. On ne sait pas trop où se situe le point de fuite : faire danser ? Nous faire (re)découvrir des choses ? Les deux ? Qu’importe ! Même si le rendu nous fait admettre qu’un dancefloor peu exigeant se satisferait de cette heure de mix, ce « collage » dessine une carte postale de la nuit londonienne dans laquelle on aime se perdre en enrichissant sa culture musicale et/ou en dansant.

L’exercice du mix est donc différent de celui de la composition dans laquelle Kieran Hebden excelle et, on doit l’admettre, est définitivement meilleur. Néanmoins le travail de recherche des disques (tout le mix se base sur des vinyls) et la tentative de mêler découverte et plaisir sont tout aussi louables. N’est ce pas là le but d’un DJ ?

A écouter aussi : Jackmaster – Fabriclive 57 (2011, Fabric)

Site de Four Tet

Fabric

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