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 Fugazi : grosse inspiration pour la scène emo

Fugazi : grosse inspiration pour la scène emo

Pour le célèbre dictionnaire Oxford English Dictionnary, le terme emo aurait été utilisé pour la première fois dans la presse écrite en 1993 dans un article du NME. Fierté patriotique ? Reconnaissance tardive d’une scène « post-Nevermind » ? Car derrière les mèches blondes de Kurt Cobain se cache peut être la première (et seule ?) icône de cette culture. Culture qui – comme le trio de Seattle – se veut héritière de la scène hardcore de DC des 80’s et qui, comme ce groupe qui a détrôné Mariah Carey ou Whitney Houston au sommet du Billboard, a explosé en même temps que sa notoriété.

Alors en cette date symbolique (20 ans de la sortie de Nevermind demain), il était normal de redonner ses lettres de noblesse à ce genre parfois méconnu. Derrière les accoutrements parfois grotesques de certains peut se cacher une mine de talents.

Ca existe ou pas ?

La question est posée. Car pour certains acteurs aussi influents sur le genre que Ian MacKaye (Minor Threat, Fugazi, Embrace…), l’appellation est qualifiée de « stupide ». Guy Picciotto du groupe Rites Of Spring et considéré pour beaucoup comme pionnier dans l’esthétique rejette toute forme d’étiquette. Enfin, pour Jenny Toomey – vétérane et fondatrice du groupe Tsunami – la signification du terme n’a jamais été trop claire : certains comme Rites Of Spring jouaient ce que l’on pouvait appeler emo bien avant que la nomination apparaisse. Elle confirme qu’eux-mêmes détestaient l’appellation. Un enfant renié ? Sans parent ?

Néanmoins, tout le monde est d’accord pour dire que l’enfant est né en 1985 lors de ce que l’on appelle le « Revolution Summer » : l’été où les deux personnages cités quelques lignes plus haut ont décidé de prendre leurs distances par rapport à la scène hardcore et d’emprunter un chemin plus expérimental. Ce « bâtard » possède les traits du hardcore, son urgence mais aussi la sensibilité des groupes post-rock. Ces premiers pas ne durèrent pas longtemps et s’arrêtèrent au début des années 90 alors que la majorité des formations phares se séparent. Ce fut suffisant pour se répandre dans tout le pays (New York, Californie…).

Un label de Seattle ouvre la porte :

La formation crée par Picciotto et MacKaye nommée Fugazi permet au genre de se renouveler. Les diverses scènes régionales qui se sont formées à la fin des années 80 vont largement s’inspirer de cet union mais aussi du label Dischord (fondé par MacKaye) et du post-punk. Parallèlement, le rock alternatif, dans son sens le plus général, arrive sur le devant de la scène. L’héritage de la culture hardcore est largement relayée par Nirvana qui atteint les sommets avec Smells Like Teen Spirit. 1994 marque un tournant. Bénéficiant de la notoriété du label de Seattle Sub Pop acquise en majeure partie grâce à Nirvana, le groupe Sunny Day Real Estate s’offre une visibilité de choix. Internet, en plein essor, va également permettre une promotion rapide et rentable. Le monde change et la signification de l’emo change. Le hardcore originel est vite remplacé par un côté indie plus fédérateur.

Alors que beaucoup de formations naissent aux quatre coins du pays (The Get Up Kids, Alkaline Trio, The Promise Ring, Cursive), le label Capitol (filiale de EMI) signe Jimmy Eat World pour Static Prevails, premier opus répertorié emo sur major. La parenthèse enchantée du rock alternatif se fermera avec le suicide de Kurt Cobain ; l’esthétique emo va très vite être récupérée par les maisons de disque.

L’enfant du hardcore se marie à la pop :

Car le mouvement prend de l’ampleur et se nationalise. Certaines maisons de disques – indé ou majors d’ailleurs – se spécialisent dans l’esthétique. Des labels comme Jade Tree, Saddle Creek ou encore Deep Elm se font vitrine d’un mouvement emporté par son succès et alliant de plus en plus punk-rock et pop. Ainsi, des groupes comme Texas Is The Reason, Samiam, The Get Up Kids, Jawbreaker ou encore The Promise Ring obtiennent un large succès.

A l’inverse, certains vont garder ce côté « originel ». Pour des formations comme At The Drive-In – avant In/Casino/Out – ou encore Hot Water Music des groupes comme Embrace, tant par leur son que par leurs compositions, ont joué un rôle crucial à l’écoute de leurs premières productions discographiques.

L’histoire retiendra beaucoup plus le côté pop et en 1998, le magazine Teen People déclare l’emo comme nouveau genre musical branché. Tout est dit…

Le terme recouvre désormais une variété de genre musicaux très très différents les uns des autres allant de sonorités pop à des projets ayant finalement plus d’atomes crochus avec le metal. La définition qui a pu être donnée dans les années 80 est complètement dépassée. Les formations se copiant les unes les autres ont annoncé une décomposition lente du genre et sa décrédibilisation. Un peu comme avec le grunge finalement…

Même si le genre est désormais une parodie de lui-même, il ne faut pas oublier que ceux qui peuvent être considérés comme ses pionniers ont eu un lourd impact sur l’histoire de la musique. Ils auront influencé à eux-seuls l’homme qui a donné de l’air frais au Billboard américain et même si ils renient cette paternité… nous devons quand même les en remercier !

Film cliché : Last Days de Gus Van Sant

Livre(s) cliché : Génération X de Douglas Coupland // Nothing Feels Good : Punk Rock, Teenagers And Emo de Andy Greenwald (en Anglais)

Ipod cliché :

Hüsker Dü – What’s Going On (extrait de Zen Arcade, 1984)

Rites Of Spring – For Want Of (extrait de Rites Of Spring, 1985)

Embrace – No More Pain (extrait de Embrace, 1987)

Nirvana – Love Buzz (extrait de Bleach, 1989)

Samiam – Clean (extrait de Soar, 1991)

Sunny Day Real Estate – Shadows (extrait de Diary, 1994)

The Promise Ring – A Picture Postcard (extrait de 30 Degrees Everywhere, 1996)

At The Drive-In – Schaffino (extrait de Acrobatic Teenement, 1996)

Hot Water Music – Turnstile (extrait de Fuel For The Hate Game, 1997)

The Get Up Kids – Holiday (extrait de Something To Write Home About, 1999)

Peuvent s’insérer : Jawbreaker, Fugazi, Thursday, Jimmy Eat World…

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