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Sur la lancée des 20 ans de Nevermind, la semaine dernière, restons un peu dans la région. Seattle, ville portuaire de la côte Ouest des Etats-Unis, nous offre une des meilleures surprise de l’année en terme de rap indépendant : Shabazz Palaces.

Première anecdote concernant la formation de Ishmael Butler, Black Up est produit via le label local Sub Pop (Nirvana, Fleet Foxes, Dinosaur Jr….). Historique car il inaugure le répertoire rap au sein du catalogue de Bruce Pavitt et Jonathan Poneman. Second fait, le leader de la formation est déjà connu du circuit ; il oeuvrait pour DIgable Planets sous le nom de Butterfly. Déjà à l’époque, l’artiste originaire de New York, était beaucoup plus influencé par le jazz et sa noirceur que par le funk et son groove.

Surprenant par son audace, Black Up nous montre un autre aspect du hip hop. Un mouvement en perpétuel évolution et refusant tout formatage. Une esthétique axée aussi sur le travail du son. Difficile alors de décrire une expérience comme celle-ci où la quasi totalité des titres ne possède aucune structure « fixe ».

On part de « Free Press And Curl » sans trop savoir où l’on va atterrir tant la gamme des sons employés est vaste. Un flow hypnotisant nous oriente dans un univers sonore aussi bien influencé par les basses électroniques anglaises que par un dub électronique.

Même si le contenu est extrêmement dense et répétitif (le terme dub prend alors tout son sens), on s’attache à quelques gimmicks qui nous portent comme le piano de « Are You… Can You… Were You… ? (Felt) », le vocal entêtant de « Recollections Of The Wrath » ou encore la boucle passée à l’envers sur « The Kings New Clothes Were Made By Own Hands ». On retrouvera facilement les influences de Sun Ra et de jazzmen comme Ornette Coleman ou Miles Davis sur lequel Butler aimait rapper dans ces précédents projets.

« Endeavors For Never… » pourrait à lui seul résumer l’approche du groupe : un lourd héritage du jazz (avec la sublime voix du duo THEESatisfaction), un travail sur le son assez poussé et une déstructuration contrastant avec les productions actuelles de la face visible du hip hop.

Cela n’étonnera donc personne de voir Shabazz Palaces sortir son troisième album chez une des plus grosse écurie du rock indépendant. Dense, audacieux, à la limite de l’inclassable, cette approche du rap, relevant d’un psychédélisme futuriste, nous expose (non sans talent) son côté expérimental, obscur et finalement alternatif.

A écouter aussi : Shabazz Palaces – Of Light (2009, autoproduit)

Site de Shabazz Palaces

Sub Pop

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