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20 années déjà que le rock alternatif a été mis sur le devant de la scène par Kurt Cobain et ses camarades avec l’album Nevermind. La stratégie avait été travaillée : infiltration de l’industrie du disque pour mieux la détruire de l’intérieur. Résultat : le groupe change de statut en 1990 et signe chez Geffen pour enregistrer la dite oeuvre.

Celle-ci n’est bien sûr plus à présenter. Cette réédition nous permet malgré tout un regard d’ensemble sur le travail effectué pour construire cet album ayant détrôné Michael Jackson un beau jour de janvier 1992. Travail ayant permis de faire découvrir un autre aspect du rock à une génération (X) et à donner de l’air frais au Billboard. Un dur accouchement fait de tensions entre le batteur d’époque (Chad Channing) et Kurt Cobain qui embauchera plus tard Dave Grohl, de tensions encore entre Butch Vig et le chanteur du groupe refusant certaines prises et préférant parfois jouer live (c’est le cas sur « Territorial Pissings » enregistré directement sur la table de mixage).

On a donc entre les mains toutes les pièces du puzzle. Seules les pistes enregistrées au Smart Studio avec Butch Vig manquaient ; celles qui ont été recommandées par Sonic Youth auprès du label Geffen et qui ont permis la signature du contrat juteux incluant 65000 dollars destinés à l’enregistrement de la pierre angulaire du rock des années 90. Pour boucler la boucle, un live enregistré dans les célèbres studio Paramount agrémente le disque comme une ironie mal venue quand on connaît la haine qu’avait Kurt Cobain envers l’industrie du disque et des majors. Comme aussi un sentiment d’impuissance face à un système s’étant réapproprié cette (contre) culture.

On se dit que cet exploit discographique et culturel ne peut plus être vraiment réalisable car les habitués des grosses ventes de 1991 valent largement ceux de 2011 (et leur clientèle aussi). Ce disque nous laisse encore un peu plus seul face à Lady Gaga, David Guetta ou encore LMFAO. Greil Marcus écrivait à propos de Lester Bangs en réunissant ses manuscrits que « En de tels moments, il était moins mort que jamais, et plus mort qu’il ne le sera jamais ». On peut penser la même chose de ce groupe en réécoutant inlassablement ces 70 pistes.

A écouter aussi : Nirvana – In Utero (1993, DGC)

Site de Nirvana

Site de Universal Music Group

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