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Le dubstep équivalent du nu-metal en 2011 ?

Après Lulu, collaboration assez douteuse entre Metallica et Lou Reed, le jeu des alliances se poursuit avec la sortie, en décembre prochain, de l’album de Korn intégralement produit par des artistes venant du dubstep (Skrillex, Noisia…). A une période où l’industrie de la musique peine à miser sur la nouveauté, certains bénéficient donc de ce revival de la culture rave britannique. Après avoir profité de l’âge d’or du rap durant les années 90, Jonathan Davis remet le couvert avec un des styles phares de 2010. Force est de constater – en bon et en moins bon – que cette esthétique prenant ses racines dans le sud londonien a ainsi envahi nos radios. Rihanna, Britney Spears ou encore La Roux… La liste est encore longue !

Essayons de reprendre tout depuis le départ et de prendre un chemin différent de celui menant à Rihanna ou Korn.

Le dub : à la croisée de tous les chemins :

Car le dubstep est avant tout une histoire de métissage. Il est le croisement entre le dub et une évolution typiquement anglaise de la house music : le UK garage (parfois diminué en UKG).

Inventé par erreur en 1968 en Jamaïque, le dub est un mixage réalisé en direct par ses musiciens. Il met en avant le travail sur le son grâce à des effets. Ce procédé sera repris par quasiment toutes les esthétiques de musiques électroniques. Après son âge d’or sur l’île, l’esthétique s’exportera en Angleterre où elle sera popularisée par des artistes comme Mad Professor qui, via son label Ariwa, imposera sa version du dub… le dub stepper !

Le UK garage a, lui, une histoire plus complexe. Il faut remonter à New York et Detroit pour comprendre ce qui le définit. New York, d’une part, où un son – celui du garage – bien spécifique du bien nommé club Paradise Garage fut défini en parallèle de la house de Chicago dans les années 80. Celui-ci remet en avant une les voix féminines inspirées du gospel, des instruments comme le piano mais aussi et surtout des rythmiques électroniques puissantes et des lignes de basses profondes influencées du… dub. Detroit, d’autre part, où le titre « Just Want Another Chance » de Kevin Sauderson (crédité Reese) vont amener ces premières nappes de basses (wobble bass ou reese bass) si représentatives du dubstep.

Ce sont donc ces deux styles, assez opposés mais néanmoins liés par le dub qui vont le constituer.

10 ans plus tard… : 

Ce sera seulement une décennie après la création de ses fondations que le dubstep va naître. Epongeant aussi la drum n’ bass instiguée par Prodigy, la jungle, le hip hop et mélangeant les caractéristiques du UK garage et du dub, le dubstep arrive dans un contexte assez similaire à celui de la house music.

Il est le mélange entre deux esthétiques dont l’une – le UKG – voulant se renouveler (ce qui fut le cas pour le disco avec la house). Il possède son club : Frankie Knuckles avait le Warehouse à Chicago, El-B, Steve Gurley et d’autres auront le Forward>> à Londres. Le dubstep a aussi ses labels qui feront accepter le terme au grand public (Tempa et sa fameuse compilation Dubstep Allstars Vol. 1 mixée par DJ Hatcha) et être à l’initiative de soirées (Ammunition ayant joué un grand rôle dans les FWD>> Nights).

Des lieux comme le fameux disquaire Big Apple Records à Croydon ou la radio pirate Rinse FM programmant principalement grime et dubstep furent tant de lieux où des gens comme Benga, Skream et Hatcha purent travailler à ce mélange et tenter de le promouvoir.

2003 : une nouvelle direction : 

Une nouvelle direction est prise en 2003 par Hatcha pour ses représentations au club Forward>> et sur Rinse FM : celui-ci va petit à petit épurer ses DJ sets du dub et se détacher de l’influence jamaïcaine. Ce choix a pour but de promouvoir de jeunes producteurs londoniens parmi lesquels figurent Skream, Benga, Loefah ou encore Digital Mystikz.

2003 est aussi l’année où un événement va venir concurrencer les soirées Forward>> : le Filthy Dub lancé par Plastician. C’est là que les artistes cités précédemment feront leurs débuts en tant que DJ.

La reconnaissance : 

Après 2003, les labels vont commencer à fleurir autour des pionniers que furent Ammunition, Tempa, Soulja, Vehicle et bien d’autres. DMZ, fondé par Digital Mystikz, va par exemple marquer les esprits avec son anniversaire faisant déplacer des gens des quatre coins du globe. C’est notamment par leur localisation (DMZ est posté à Brixton, quartier important pour la musique jamaïcaine) que ce label va pouvoir promouvoir son art à un public réceptif et va aussi élargir sa palette de sons.

En 2004, un certain Richard D James plus connu sous le nom d’Aphex Twin sort, via son label Rephlex, les compilations Grime et Grime 2 permettant de toucher un public plus large (celui de l’electronica notamment).

Le dubstep devient visible aussi grâce à des émissions de radio lui étant spécifiquement dédié : la plus connue étant celle animée par DJ Marie Anne Hobbs sur la station britannique Radio 1, Dubstep Warz. C’est à cette époque aussi qu’il s’exporte notamment aux Etats-Unis par le biais du DJ Joe Nice de Baltimore ou encore au Japon grâce à des artistes comme Doppelganger ou Goth-Trad. L’apparition, en 2006, de Kode9 ou Digital Mystikz dans la bande-originale des Fils De L’Homme d’Alfonso Cuaron ne fait que conforter la reconnaissance de cette esthétique bâtarde. Clou du spectacle, Untrue de Burial est nominé pour le Mercury Music Prize en 2008.

Benga, tentant en 2007 une percée plus commerciale avec le titre « Night », (avec une mesure à quatre temps beaucoup plus accentuée) marque une période clef dans le regain de visibilité qu’a connu l’esthétique ces derniers mois. Ce titre va permettre aux producteurs – plus ou moins bons – de s’y intéresser. Ellen Allien et Apparat en avance d’un an avec le titre « Metric », Ricardo Villalobos, James Blake mais aussi Britney Spears ou Rihanna redonnent donc une seconde vie à ce genre hybride oscillant entre club et rave, entre Londres, New York et Kingston, mais aussi entre le plus mainstream et l’illégalité la plus totale.

Films cliché : Les Fils De L’Homme de Alfonso Cuaron

Livre(s) cliché :

Ipod cliché :

Mad Professor – Freedom Chant (extrait de Dub Me Crazy, 1982)

Reese – Just Want Another Chance (extrait de Just Want Another Chance, 1988)

Skyy – First Time Around (Larry Levan Remix) (extrait de Larry Levan’s Paradise Garage, 1996)

MJ Cole – Attitude (extrait de Sincere, 2000)

El-B – Bubble (extrait de Bubble, 2000)

Plasticman – Camel Ride (extrait de Grime, 2004)

Skream – Midnight Request Line (extrait de Skream !, 2006)

Burial – Homeless (extrait de Untrue, 2007)

Zomby – Where Were U In ’92 (extrait de Where Were U In ’92, 2008)

Ikonika – Idiot (extrait de Contact, Love, Want, Have, 2010)

Peuvent s’insérer : Digital Mystikz, Kode9, Spaceape, Loefah…

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